Conclusion

small logo

Synthèses et perspectives

Le recyclage des solutions nutritives est à l'étude depuis 1992 dans le réseau national d'expérimentation. Mais pour la première fois, un procédé de recyclage directement utilisable par les producteurs est disponible.

L’utilisation du procédé PROGRES est économiquement viable pour les exploitations de plus de 1 500 m², de « types horticole » et de « type maraîchage ». L’économie dégagée est sous estimée car elle ne tient compte ni des taxes à venir ni des possibilités d’obtenir des subventions. Pour les serres de plus d’un hectare, le recyclage des solutions nutritives peut financer, en totalité, un module de désinfection des solutions nutritives.

Après avoir démontré l’intérêt du procédé de recyclage PROGRES, il est possible d’évaluer son impact sur l’ensemble de la filière horticole.

Procédé opérationnel

Le procédé de recyclage des solutions nutritives en culture hors sol PROGRES répond bien aux problèmes posés. Il est opérationnel et efficace chez l’horticulteur, et en particulier il :

  • est compatible avec les installations en place (station de fertirrigation, gestion des arrosages, désinfection…).

  • propose une technique rapide d’analyse de la composition des solutions nutritives in situ. Le matériel, qui est utilisé par le producteur, est robuste et d’une utilisation simple.

  • rééquilibre la solution nutritive recyclée à partir des engrais solubles utilisés habituellement par le producteur.

  • permet la conservation des rendements, quantitatifs et qualitatifs.

  • présente un coût d’investissement et de fonctionnement acceptable par la profession. Le retour sur investissement est rapide et l’économie générée peut servir à financer un module de désinfection..

Mais le produit proposé doit trouver des acquéreurs. Il faut définir le marché potentiel et sonder les réactions de la profession.

Perspectives de commercialisation

Actuellement, la proportion des surfaces fonctionnant en circuit fermé est très faible (< 10 %). Le marché potentiel représente donc un peu plus de 1 000 ha (maraîchage) et 800 ha (horticulture) susceptibles de se convertir qu recyclage. En fait, les installations recyclées existantes utilisent le plus souvent des analyses de laboratoire pour suivre les solutions nutritives. On peut donc élargir le marché potentiel à l’ensemble des surfaces cultivées en hors sol.

Le procédé PROGRES a été présenté dans différents salons horticoles, et l’accueil reçu est encourageant. PROGRES a obtenu le :

1er Prix : Concours Nouveautés 2000 Hormatec et Paysages.
2ème Prix : 19ème Concours Régional d'Innovation ADERMIP 1999.
2ème Prix : Trophée ADALIA - Club Protection Raisonnée 2002.
2ème Citation : Concours de l'Innovation et de l'Ingéniosité SIFEL 2000.


Perspectives d’évolution du procédé

Evolution de la composante analytique

La technique analytique est basée sur l’utilisation de bandelettes Merck®. Ces bandelettes ne permettent pas de doser le magnésium, et la précision du dosage des sulfates pourrait être améliorée. Depuis quelques mois, d’autres outils de mesure potable ont fait leur apparition. Il sera intéressant de tester ces produits. Le laboratoire de Nutrition Minérale des Plantes de l’ENSAT étudie actuellement les possibilités d’intégration de ces matériels dans le procédé PROGRES.

Dans le cadre d’installations de très grande taille, on peut envisager l’analyse de la composition des solutions nutritives en continu.

Evolution du logiciel Vegenut®

L’informatique prend une place de plus en plus importante dans les serres et la tendance est à l’automatisation. Les évolutions possibles de Vegenut® concernent le développement d’une interface permettant de piloter directement la station de fertirrigation, et éventuellement d’une interface permettant de recevoir automatiquement et en continu les résultats analytique fournis par la chromatographie ionique.

Evolution du champ d’application

Pour l’instant, l’utilisation de PROGRES est limitée aux serres horticoles et maraîchères. En restant dans le domaine hors sol, il serait intéressant d’étudier les possibilités d’implantation du procédé en pépinière. En effet, les pépinières représentent 14 365 ha, dont 1 920 ha de hors sol dont 1 880 ha pour les cultures ornementales. La principale différence entre le maraîchage-horticulture et la pépinière hors sol est l'utilisation d'un substrat qui peut retenir les éléments fertilisants mais qui est soumis à l'action drainante de la pluie. En serre pépinière, l'économie en eau et en éléments fertilisants due au recyclage peut aller de 0,76 à 1,52 €/m².

Le forçage des endives représente aussi un champ d’investigation important. Des travaux sont en cours pour adapter le procédé à cette technique particulière.

Les problèmes de pollution concernent aussi les cultures en plein champ. L’adaptation de PROGRES à ce type de culture pourrait aider les agriculteurs dans le raisonnement de la fertilisation, à partir d’analyses de terre in situ et d’un logiciel Vegenut® « Grandes Cultures ». Des études de faisabilité sont à envisager.

Evolution de la conception du recyclage

Certains auteurs ont développé des pratiques de recyclage originales permettant de réduire le risque sanitaire. La surface de la serre peut être partagée en deux parties (rapport 3/1). La première est toujours irriguée avec une solution fraîche, appelée vierge. La deuxième, « à risque calculé », sert à utiliser complètement le drainage récupéré sur l'ensemble de la surface cultivée. Le procédé PROGRES peut aussi être utilisé dans ces situations peu ordinaires.

Certains auteurs envisagent de recycler les solutions nutritives en utilisant d'autres sources d'eau que les sources classiques, par exemple des eaux provenant d’établissements piscicoles.

Conséquences sur l’organisation de la filière horticole

Les recherches en centre d’expérimentation

Le recyclage a mis en évidence des anomalies dans la nutrition du Géranium et du Cyclamen. Les équilibres fournis aux plantes sont sans doute à reconsidérer dans les conditions d’un système fermé.

Le recyclage génère des économies d’engrais sur une culture de Tomate, sans que la totalité des engrais apportés ne soit valorisée. Dans ce cadre, les équilibres fournis aux plantes sont aussi à affiner, peut être en considérant d’autres facteurs : la concentration en ion renforce la typicité de chaque variété et en accentue les caractères qualitatifs, avantages ou défauts. Nous proposons notamment de définir les équilibres ioniques des solutions nutritives à partir des exportations d’éléments minéraux par la plante. Ces données sont accessibles par l’analyse du végétal.

Le recyclage des solutions nutritives offre aussi la possibilité d’étudier un écosystème clos.

Conséquences sur la filière des agrofournisseurs

La gestion du recyclage oblige le producteur à adapter ses apports d’engrais pour chaque opération de rééquilibrage. Logiquement, les fournisseurs d’engrais devraient travailler sur un concept de formulations commerciales adaptées au recyclage : livraison rapide de petits volumes fabriqués « à façon ».

Cette stratégie implique de repenser les lignes de fabrication d’engrais.

Et demain...

Shuttle

L’apparition des cultures hors sol est une suite logique à l’intensification de l’agriculture. L’accroissement des surfaces utilisant cette haute technologie pose de sérieux problèmes environnementaux, agronomiques, réglementaires, économiques et techniques. Le procédé de recyclage proposé satisfait à l’ensemble de ces contraintes.

L’agriculture a sédentarisé l’Humanité en créant un lien à la terre. Les cultures hors sol recyclées permettent aujourd’hui de s’affranchir de cette terre. Peut être que dans l’avenir, l’Humanité renouera avec ses origines nomades pour cultiver les plantes loin de la Terre.

PrécédentSuivant

Contactez-moi | http://s.martinez.free.fr | ©2006-2016 Stéphane MARTINEZ, tous droits réservés pour tous pays.